Lectures pour un sceptique

28 avril 2012

Modestement, je vous propose ici des lectures pour développer un esprit critique.

Pour démêler le vrai du faux, à propos du climat, ou à propos de toute autre controverse scientifique, il faut un bagage scientifique minimum, mais ce n’est pas suffisant. Il est bien évidemment impossible pour un érudit d’embrasser l’ensemble de la science du climat, ou d’un autre domaine, sur lequel des milliers de scientifiques travaillent et y consacrent une partie de leur vie.

Lire de livres, sur le sujet étudié (le climat par exemple) qui présentent un point de vue, ou un autre, ne sera pas d’une grande aide, car ils sont forcément partisans. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas les lire, j’en ai lu plusieurs, mais on ne peut pas se baser sur eux pour y discerner un canular…

Il faut élargir son champs de connaissance, étudier la science dans son ensemble, son histoire, son fonctionnement. il faut aussi connaitre les méthodes utilisées pour tromper, manipuler. Enfin l’histoire récente, nous montre de nombreux exemples dans lesquels la science à fait défaut, mais aussi des tentatives pour détourner l’opinion de la science.

Bonnes lectures !

 

Les moissons de l’intelligence – Isaac ASIMOV

28 avril 2012

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Asimov est un grand vulgarisateur scientifique. je conseille à tous son livre, « Tout l’univers de la science ». D’une lecture extrêmement aisée, ce livre balaye l’ensemble des domaines scientifiques. Il était aussi engagé dans une lutte contre l’obscurantisme scientifique, le créationnisme par exemple. c’est le pourquoi de ce livre

Avec 62 essais sur des sujets aussi variés que l’obscurantisme religieux, les problèmes démographiques, la science, le cosmos. Petit à petit, Asimov, nous aide à aborder ces thèmes avec rationalité et intelligence.

Incontournable !

Pour mémoire : Asimov et le réchauffement climatique. Bien avant que la controverse ne s’impose dans les médias

9782020639446-180x300 dans LecturesUn autre livre, particulièrement intéressant : L’imposture scientifique en dix leçons. Comment, sur quels sujets, dans quels contextes, les scientifiques sont capable de tricher, et comment la science s’est corrigée.

 

Manuel du sceptique 3 : Le consensus scientifique

27 avril 2012

Page 10 de ce manuel, nous avons droit à un long texte présentant l’absence de consensus scientifique.

Selon ce texte, il y a au moins 30 000 scientifiques, dont plus de 9 000 ont un doctorat, qui ont signé une pétition !

« Il n’y a pas de preuve scientifique convaincante que l’émission par l’homme, de dioxyde de carbone, de méthane, ou de tout autre gaz à effet de serre, provoque ou provoquera, dans un futur envisageable, un réchauffement catastrophique de l’atmosphère de la Terre et un dérèglement du climat de la Terre. En outre, il y a des preuves scientifiques substantielles que l’accroissement de la teneur en dioxyde de carbone atmosphérique produit des effets bénéfiques sur la flore et la faune terrestres. « 

Suit un dessin humoristique, ou une question est posée par l’orateur : « lesquels parmi vous pensent que les gaz à effet de serre n’ont pas d’effet et que nous devons donc aller nous chercher un nouveau job… »

Beaucoup de choses ici :

  1. le nombre de scientifiques hors du consensus
  2. le texte de la pétition
  3. le dessin

Concernant le nombre de scientifiques : On pourrait déjà faire remarquer que sur les 30 000 scientifiques de la pétition, à peine un tiers ont un doctorat… et sur le total seuls 39 ont étudié la climatologie. Il n’est pas possible de savoir combien ont un doctorat et ont étudié le climat. C’est tout de suite bien moins impressionnant. Enfin, même si ces 39 ont étudié le climat, cela fait tout de même moins de 0,1 % des doctorants ayant étudié le climat. Il faut savoir, qu’au USA, il y a environ 20 millions de personnes qui peuvent répondre à cette pétition…

Le texte de la pétition :

Il n’y a pas de preuve scientifique convaincante que l’émission par l’homme, de dioxyde de carbone, de méthane, ou de tout autre gaz à effet de serre, provoque ou provoquera, dans un futur envisageable, un réchauffement catastrophique de l’atmosphère de la Terre et un dérèglement du climat de la Terre.

Il particulièrement surprenant que l’on obtienne assez peu de réponse avec une telle question. En effet, la preuve de ce qui va se passer dans le futur ne peut être apportée. Il y a des incertitudes, tant dans la réaction du climat à l’augmentation des GES qu’à la façon dont nous allons les émettre. La notion de catastrophe est somme toute relative (à combien de réfugiés climatique on dit que c’est catastrophique ? 10 000, 1 millions, 100 millions, 1 milliard ?)

Résumons : la preuve, il n’y en pas, il n’y en aura pas, il n’y aura que des faisceau de données, des scenarii, qui convergeront plus ou moins, des indices, bref, un ensemble de données scientifiques, qui dans leur ensemble permettrons de se faire une idée plus ou moins précise de ce qui nous attend si nous continuons à balancer du CO2 dans notre atmosphère. Et la notion de catastrophique est assez large. Celui qui pense que le climat va se réchauffer, dans un avenir plus ou moins lointain, mais sans plus, devrait répondre oui à cette affirmation.

En outre, il y a des preuves scientifiques substantielles que l’accroissement de la teneur en dioxyde de carbone atmosphérique produit des effets bénéfiques sur la flore et la faune terrestres.

Il s’agit bien de quelque chose d’assez anodin, personne n’a jamais nié cela. Il est notoire que le CO2 aide à la croissance des plantes (par contre, moins d’eau, plus de chaleur, et plus de CO2…. ben c’est pas bon au final) et on se doute bien qu’il doit y avoir quelques animaux qui se régaleront de plus de CO2 (et des plantes qui vont avec).

Mais le problème, ce n’est pas plus de CO2. Le problème c’est plus de CO2, qui entraine un réchauffement global. Avoir plus de CO2 dans les même conditions climatiques ne poserait à priori pas de soucis, mais ce n’est pas le problème tel qu’il se pose à nous.

Le dessin.

Dès que l’on est dans l’argumentation scientifique et que l’on vous propose de sourire à la lecture d’un jeu de mot, d’un drôle de dessin, méfiez vous ! Le risque est grand de quitter un mode pensée cartésien pour passer sur un mode passionné.

Ici, on nous explique ni plus ni moins que les scientifiques du GIEC, cachent au monde entier, l’absence de danger des GES, uniquement pour garder leur boulot et leurs subventions. Essayez d’imaginer comment on pourrait tenir un tel discours sans faire appel à la caricature ! Ce n’est pas possible. c’est trop gros, on ne peut faire passer une telle idée qu’en utilisant la dérision.

Pour aller un peu plus loin sur ce sujet :

http://passeurdesciences.blog.lemonde.fr/2012/04/23/consensus-scientifique-rechauffement-climatique-climatosceptiques/

Il n’y a pas de consensus

Manuel du sceptique 2 : le rôle du CO2 est négligeable…

16 mars 2012

Page 3 de ce manuel, on nous indique les quatre seuls points dont on doit discuter. Curieux comme démarche pour un sceptique qui devrait accepter de parler de tout. Courant comme démarche chez un climato-sceptique qui refuse de discuter de tout ce qui remettrai son idéal en cause. On évitera ainsi de parler de la montée continue du niveau des mers depuis le début du Réchauffement Climatique, de la fonte des banquises et des glaciers, de l’asymétrie jour-nuit / été-hiver / pôle-équateur qui sont autant de signes d’un réchauffement causé par une augmentation de l’effet de serre.

En science, seule la rigueur du raisonnement, la justesse des étude doit être le guide de ce qui est discutable ou pas. dès qu’une idée est bonne, argumentée, validée par d’autres scientifiques, alors elle est bonne à prendre.

Le point n° 4 indique ceci :

Doubler le CO2 dans l’atmosphère ne doublera pas la différence de température.

Jamais un rapport du GIEC n’a affirmé que le doublement du CO2 doublera la différence de température. seuls des personnes n’ayant jamais étudié le climat, même de loin pourraient proférer ce genre d’ânerie.

C’est très habituel chez nos climato-sceptiques. ils font faire tenir des propos stupides à leurs contradicteurs, afin de les ridiculiser par la suite. Vérifiez toujours ce genre d’affirmation.

Les faibles teneurs en CO2 ont beaucoup d’effet, mais son accumulation a peu de conséquences.

Là aussi, le GIEC n’a jamais dit le contraire. Ou plutôt, le GIEC sait bien que l’effet du CO2 est une fonction logarithmique et que donc plus le taux de CO2 augmente, plus sont effet est faible. cependant, toutes les études faites jusqu’ici, en prenant cela en compte, montrent que l’impact de l’augmentation du taux de CO2, pour un doublement de ce taux, aura un impact non négligeable sur notre climat.

En fait, les taux de CO2 ont été dix fois plus élevés dans le passé alors que la planète allait en se refroidissant.

C’est assez fallacieux comme argument. ça ne pose pas de problème. à taux de CO2 constant, même dix fois plus élevé, si l’activité solaire baisse, alors les températures baissent. Elles baissent en partant de 25 °C en moyenne au lieu de 15 °C en moyenne de nos jours, mais elles baissent.

un phrase qui aurait du poids serait de dire : par le passé, le taux de CO2 a déjà doublé alors que la planète allaient en se refroidissant. Sauf que le mensonge était sans doute trop visible alors. car un tel phénomène n’a jamais été mis en évidence. Mais théoriquement, ce n’est pas impossible, il suffit que la baisse de l’activité solaire soit plus importante que l’effet du doublement du taux de CO2.

Le Carbone est aujourd’hui un  acteur négligeable dans le climat.

Et voilà donc ce qu’il faut en retenir. Le CO2 que l’on déverse dans notre atmosphère, ce n’est pas grave, on peut continuer à en augmenter le taux sans se soucier de quoi que ce soit. Dormez et consommez du carbone tranquille !

Le manuel du sceptique 1

10 mars 2012

Il y en a plusieurs, plus ou moins farfelus, plus ou moins caricaturaux.

Je croyais qu’un sceptique, était capable de réfléchir par lui-même, sa perspicacité, sa lucidité lui permettrait de déceler le faux du vrai.

Eh bien non, nos climato-sceptique ont besoin d’un manuel pour affiner leurs arguments.

Je ne prendrais les plus caricaturaux de ces manuels pour illustrer cette imposture, mais celui recommandé par Benoit Ritaux

Benoit Ritaux le mythe climatique

le manuel est là : Le manuel du sceptique

Il y a beaucoup à dire sur ce manuel, même sans entrer dans des considérations scientifiques. Lisez-le faîtes vos recherches et concluez !

Je crois que si ce manuel, qui évolue constamment (version 2.4), contient ne serait-ce qu’une ânerie, qu’un seul gros mensonge alors, c’est l’ensemble du manuel qui est à mettre à la poubelle.

En effet, comment imaginer que de grossières erreurs, mensonges, n’aient pas été remontés, étudiés puis supprimés. S’ils persistent, c’est qu’il y a une volonté manifeste de tromper.

Allez, un petit point pour la forme, page 15 :

L’idée ici, c’est que la terre a vécu des périodes ou le taux de CO2 dépassait de loin celui que nous connaissons actuellement et que finalement, l’espèce humaine a survécu. Si nous avons traversé ces épisodes par le passé, nous le pourrons à l’avenir. Donc pas de panique, laissons notre taux de CO2 grimper, tout va bien…

Le carbone atmosphérique est à des niveaux plus élevés qu’à n’importe quel moment des derniers 650 000 ans. Oui. Mais revenez 500 millions d’années en arrière. Là, les teneurs en CO2 n’étaient pas juste 10 à 20% plus élevées, elles étaient 10 à 20 fois plus élevées .

Parfaitement exacte, c’est d’ailleurs dans les rapports du GIEC. Mais au fait, elle était comment la terre il y a 500 millions d’années ?

Le manuel du sceptique 1 dans Manuel du sceptique globe%20ordo

La terre il y a 500 millions d'années

Il y a 500 millions d’années, il n’y avait pas de vie hors des mers, la terre ressemblait à ça :

Et ce que les conditions climatiques étaient propices à la vie humaine ? je n’en sais rien, mais pourquoi nous cacher cela ?

De plus, il n’a jamais été dit que les taux de CO2 n’avaient pas été plus élevé, ni que les températures n’avaient pas été plus élevées.

Il est dit que le réchauffement climatique que nous causons par nos émissions de CO2 est rapide, irréversible à l’échelle humaine, de forte inertie. Il modifiera profondément les conditions de vie humaines sur terre. Il n’est jamais dit qu’il provoquera la disparition de toute vie. La vie s’adaptera et perdurera… avec ou sans nous…

La Terre a testé à fond l’effet de serre, et rien n’est arrivé.

Rien n’est arrivé à qui ? Aux humains, c’est certain (il n’y en avait pas), mais il s’est forcément passé des choses.

En fait, la Terre est entrée dans une période glaciaire alors que le CO2 était à des niveaux bien plus élevés que ceux d’aujourd’hui. Quel que soit l’effet réchauffant d’un CO2 superconcentré, il n’a pas pesé par rapport aux autres forces du climat.

Qui a dit le contraire ? C’est ce que dit le GIEC, dans le passé, le CO2 a agit comme une rétro-action positive, c’est a dire que les réchauffements, ont été suivis de rejets de CO2 qui ont amplifié le réchauffement. Le GIEC n’a jamais dit que le CO2 a gouverné le climat par le passé.

En outre, que le CO2 soit d’origine anthropique ou océanique n’a pas d’importance. Il s’agit de la même molécule.

Mais qui a dit le contraire ? C’est une évidence. Par contre, ce qui est très clair, c’est que les hommes, rejettent le CO2 fossile enfoui il y a des centaines de millions d’années. C’est ce Co2, anthropique, qui est hors du cycle de la vie à l’échelle humaine. Nous remettons dans l’atmosphère, en un ou deux siècles, ce que la terre a mis des centaines de millions d’années à enfouir. Il faut tout de même se poser quelques questions non ?

Cerise sur le gâteau : profitez-en pour commencer à vous faire une opinions sur la qualité réellement sceptique/scientifique de celui qui vous incite à lire ce manuel (Benoit Ritaud), en affirmant qu’il contient plein de vérités bonnes à dire.

Le CO2… y en a presque pas…

8 mars 2012

C’est un argument régulier chez nos pseudo-sceptiques.

Rendez vous compte ! environ 380 ppm, soit 0,038 % de CO2 pas de quoi fouetter un chat !

Ben voyons…

Les scientifiques qui travaillent sur le climat ne savent pas que 380 ppm c’est pas grand chose ? ils n’ont pas été au collège ?

Et puis tient, une question : combien de ppm de colorant pour que l’eau, qui est transparente, ne le soit plus ?

Il suffit de mettre quelques grains de bleu de méthylène dans de l’eau, soit quelques ppm, pour que l’on se rende compte que l’eau a été colorée.

Et l’atmosphère, est très principalement composée d’éléments transparents aux infra-rouges (Oxygène,  Azote, Argon à 99,9 %)

Donc, il n’est pas a-priori stupide de dire qu’une quantité infime de gaz à effet de serre peut modifier les propriétés radiatives de notre atmosphère, tout comme une quantité infime de colorant peut modifier les propriétés optiques de l’eau. C’est quasiment la même chose, sauf que le bleu de méthylène agit dans le spectre visible de la lumière et le CO2 dans l’infra-rouge, non visible.

Bonjour tout le monde !

8 mars 2012

Pas spécialiste du climat du tout, mais, très énervé par l’usurpation répétée du titre de sceptique dans ce domaine.

Ma modeste ambition est de dénoncer/démonter ces impostures.